Europe : Pour une Union de la Défense commune
19 février 2008L’Histoire européenne, a été marquée, nous le savons tous, par des conflits entre les peuples et entre les Etats.
Le début du XXIe siècle est encore marqué par des conflits de toute nature. Pensons au terrorisme (les conséquences au niveau européen du 11 septembre 2001), aux menaces de type nucléaire avec l’émergence de certaines puissances régionales et les risques que cela peut avoir pour notre sécurité intérieure, les conflits ethniques,…
Un point commun unit tous ces conflits : l’impuissance de l’Europe à intervenir d’une manière commune et large.
Dans ce contexte, la mise en place d’une défense commune est de plus en plus souhaitée. Par le passé, les Européens ont déjà réussi à mettre en commun leurs forces dans un objectif unique : l’union économique, douanière et bien sûr plus près de nous, l’union monétaire avec l’introduction d’une monnaie unique : l’Euro.
Mais, est-il réaliste d’envisager une défense commune en Europe ? Quels sont les moyens budgétaires actuels consacrés à la défense par les Etats de l’Union ? Un chiffre résume tout : les vingt-sept totalisent moins de 40 % du budget de la défense des Etats-Unis d’Amérique ! Un autre paramètre est encore plus percutant : en matière de recherche et de développement, l’Europe totalise à peine un dixième de l’effort militaire américain !
Dans ce contexte, que peuvent espérer les Européens?
Une impulsion forte de quelques Etats aux fins de relancer l’objectif de la Sécurité commune s’avère indispensable. Toutes les questions devront être abordées telles que: faut-il garder l’arme nucléaire? Faut-il encore stationner des armes conventionnelles en Europe? Que faire des armes non-conventionnelles? Nous aurons l’occasion de revenir sur ces derniers points dans une prochaine chronique.
Mais, d’une manière générale, que faudrait-il à l’Europe pour que cette impulsion puisse aboutir aux bases d’une défense commune?
Nous le savons, les traités européens prévoient la possibilité d’établir une «coopération renforcée». Cette coopération viserait d’abord les grands Etats : Allemagne, Italie, France, Royaume-Uni, notamment. D’autres pourraient évidemment les rejoindre. La Belgique devrait aussi y participer.
Cette coopération renforcée ne pourrait se développer qu’à partir d’une base de convergence budgétaire. Les moyens apportés par chaque Etat devraient au moins représenter, affirment les spécialistes, 2 % du PNB.
D’autres points devraient être abordés dans cette «coopération renforcée» : la création d’une force d’intervention d’environ 60.000 hommes (critère d’Helsinki) relié à un commandement unique (avec éventuellement une rotation périodique du commandement), la mise à disposition par chaque Etat de bases militaires européennes aux membres de la
«coopération renforcée», la mise en place des programmes spatiaux de défense (anti-missile et autre), de coopération dans le renseignement, le contrôle des armements et enfin, la protection des populations.
Tout ceci nécessite une grande cohésion et demande des moyens considérables. Mais, si l’Europe veut avoir les moyens de ses ambitions, elle n’a pas le choix : la création d’une défense commune sera dans ce contexte un gage de réussite.
Didier MAES
Secrétaire politique

