Résultats - Elections régionales 2009
Vendredi 5 juin 2009

La proclamation de l’indépendance du Kosovo le 17 février dernier nous oblige à nous poser certaines questions au niveau de la stabilité de la région sur le plan international. Cette indépendance pourrait amener d’autres peuples de la région à faire de même. Les Serbes de Bosnie-Herzégovine, par exemple.
La situation du pays est paradoxale. Son pays est jeune mais sa situation économique est incertaine. Ainsi, si la moitié de la population est âgée de 15 à 25 ans ; elle est néanmoins frappée par le chômage à 70% . A titre comparatif, le taux de chômage du pays est de l’ordre de 44%.
Historiquement, les frontières de la région des Balkans n’ont pas été fixées naturellement. Elles sont avant tout politiques, c’est-à -dire qu’elles résultent des rapports de force. Ceci explique que les frontières sont très disputées. La sécurité régionale en dépend. La guerre durant les années 1990 a montré combien cette conception des frontières est importante. N’a-t-on pas parlé à l’époque de l’Etat de la « Grande Serbie » ou de l’Etat de la «Grande Croatie»? Les velléités de ces deux peuples a même été jusqu’à une entente secrète entre les présidents Croate et Serbe de se partager la Bosnie. En sorte, un second Yalta.
Tout ce contexte amène tout naturellement une conséquence directe :  l’évolution de la démographie des populations y joue un rôle important.  Ainsi, au Kosovo, la présence de 100.000 serbes au Nord-Est et dans quelques enclaves plus au sud du pays dont s’occupe la force internationale, KFOR, est un des points à retenir.
Au vu de cela, l’Union européenne doit faire cause commune. Nous l’écrivions dans notre chronique précédente, une coopération renforcée de certains pays européens en matière de défense permettrait de stabiliser la situation. En attendant, il convient bien évidemment d’y faire venir des hommes de loi (juges), de la force publique (policiers, douaniers et fonctionnaires). Cette mission à venir au Kosovo, dénommée Eulex Kosovo, devrait disposer de certains pouvoirs pour ce faire. La formule qui a été utilisée est la suivante :  elle disposera, selon son mandat, de “certains pouvoirs correctionnels limités dans le domaine plus général du règne de la loi, en particulier pour élucider et poursuivre des crimes sérieux et sensibles“. Ceci doit aussi permettre d’intervenir en cas d’affrontements ethniques.
Pour résumer, la situation du Kosovo, des Balkans, mais aussi dans certaines régions d’Europe (Chypre, Espagne, Grèce notamment) illustre les contradictions qui peuvent exister entre le principe qui reconnaît au peuples le droit à disposer d’eux-mêmes et celui de la souveraineté des Etats.
Nous le constatons, malgré l’indépendance du pays, le Kosovo se situe dans une région dont le contexte démographique, économique et régional doit se stabiliser. La stabilisation de la paix dépendra de l’importance de l’attention que lui accordera la communauté internationale.
Didier MAES
Secrétaire Politique
L’Histoire européenne, a été marquée, nous le savons tous, par des conflits entre les peuples et entre les Etats.
Le début du XXIe siècle est encore marqué par des conflits de toute nature. Pensons au terrorisme (les conséquences au niveau européen du 11 septembre 2001), aux menaces de type nucléaire avec l’émergence de certaines puissances régionales et les risques que cela peut avoir pour notre sécurité intérieure, les conflits ethniques,…
Un point commun unit tous ces conflits : l’impuissance de l’Europe à intervenir d’une manière commune et large.
Dans ce contexte, la mise en place d’une défense commune est de plus en plus souhaitée. Par le passé, les Européens ont déjà réussi à mettre en commun leurs forces dans un objectif unique : l’union économique, douanière et bien sûr plus près de nous, l’union monétaire avec l’introduction d’une monnaie unique : l’Euro.
Mais, est-il réaliste d’envisager une défense commune en Europe ? Quels sont les moyens budgétaires actuels consacrés à la défense par les Etats de l’Union ? Un chiffre résume tout : les vingt-sept totalisent moins de 40 % du budget de la défense des Etats-Unis d’Amérique ! Un autre paramètre est encore plus percutant : en matière de recherche et de développement, l’Europe totalise à peine un dixième de l’effort militaire américain !
Dans ce contexte, que peuvent espérer les Européens?
Une impulsion forte de quelques Etats aux fins de relancer l’objectif de la Sécurité commune s’avère indispensable. Toutes les questions devront être abordées telles que: faut-il garder l’arme nucléaire? Faut-il encore stationner des armes conventionnelles en Europe? Que faire des armes non-conventionnelles? Nous aurons l’occasion de revenir sur ces derniers points dans une prochaine chronique.
Mais, d’une manière générale, que faudrait-il à l’Europe pour que cette impulsion puisse aboutir aux bases d’une défense commune?
Nous le savons, les traités européens prévoient la possibilité d’établir une «coopération renforcée». Cette coopération viserait d’abord les grands Etats : Allemagne, Italie, France, Royaume-Uni, notamment. D’autres pourraient évidemment les rejoindre. La Belgique devrait aussi y participer.
Cette coopération renforcée ne pourrait se développer qu’à partir d’une base de convergence budgétaire. Les moyens apportés par chaque Etat devraient au moins représenter, affirment les spécialistes, 2 % du PNB.
D’autres points devraient être abordés dans cette «coopération renforcée» : la création d’une force d’intervention d’environ 60.000 hommes (critère d’Helsinki) relié à un commandement unique (avec éventuellement une rotation périodique du commandement), la mise à disposition par chaque Etat de bases militaires européennes aux membres de la
«coopération renforcée», la mise en place des programmes spatiaux de défense (anti-missile et autre), de coopération dans le renseignement, le contrôle des armements et enfin, la protection des populations.
Tout ceci nécessite une grande cohésion et demande des moyens considérables. Mais, si l’Europe veut avoir les moyens de ses ambitions, elle n’a pas le choix : la création d’une défense commune sera dans ce contexte un gage de réussite.
Didier MAES
Secrétaire politique